Une fois le diagnostic établi, il existe plusieurs solutions pour lutter contre le cancer du pancréas : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.
Principes de la radiothérapie du cancer du pancréas
Conditions d’utilisation
La radiothérapie n’est employée que dans les cancers du pancréas qu’il n’est pas possible d’opérer. Elle est le plus souvent associée à la chimiothérapie, les agents chimiothérapeutiques les plus souvent employés dans ce cas étant le 5-fluorouracil (5-FU) et la capécitabine (des fluoropyrimidines). On parle de chimioradiothérapie.
Le fait de combiner les deux traitements permet de les rendre plus efficaces l’un l’autre mais les effets indésirables sont également plus importants.
Risques liés à l’utilisation des fluoropyrimidines
En 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé une modification des conditions de prescription et de délivrance du 5-FU. En effet, il peut être à l’origine de toxicités sévères (et de décès) chez les patients présentant un déficit complet ou partiel en DPD (enzyme impliquée dans l’élimination des fluoropyrimidines). Bien que ce déficit reste rare au sein de la population, le dosage est désormais obligatoire.
En ce qui concerne la capécitabine (également prescrite pour traiter certains cancers du côlon, de l’estomac ou du sein), elle provoque un syndrome main-pied chez 55 % des malades (contre 25 % avec les autres médicaments) avec la possible disparition des empreintes digitales et les nombreux soucis que cela entraîne (identification aux frontières et déverrouillage de certains smartphones ou ordinateurs portables).
Radiothérapie : repérer la zone à traiter
Les rayons doivent être spécifiquement dirigés sur la région du pancréas dans laquelle la tumeur se développe ainsi que sur les ganglions lymphatiques voisins.
Le problème réside dans le fait que le pancréas est un organe profond et que le radiothérapeute ne peut pas toujours utiliser de fortes doses. Par ailleurs, pour éviter d’irradier les organes proches il est essentiel de définir au préalable, et de manière très précise, la zone à irradier.
Pour cela, des clichés radiologiques sont réalisés à l’aide d’un appareil permettant de repérer la zone à traiter. On effectuera des marques au feutre ou de minuscules tatouages sur la peau.
Cette étape de repérage dure généralement entre 40 à 60 minutes.
Le traitement proprement dit débute plusieurs jours après, des calculs étant nécessaires.
Objectifs de la radiothérapie du cancer du pancréas
La radiothérapie du cancer du pancréas est utilisée dans diverses situations :
- dans le cadre d’une chimioradiothérapie précédent une intervention chirurgicale (traitement néoadjuvant) afin de réduire la taille d’une tumeur à la limite de la résécabilité afin qu’il soit possible de l’enlever complètement ;
- pour détruire les cellules cancéreuses susceptibles d’être encore présentes après une chirurgie (dose d’environ 50 Gray - l’unité de dose de rayonnement) ou une chimiothérapie et ainsi réduire le risque de récidives (radiothérapie adjuvante) ;
- en tant que traitement du cancer du pancréas principal (dose d’environ 55 Gy), le plus souvent sous forme de chimioradiothérapie, en cas de tumeur localement avancée et qui ne peut pas être opérée ;
- pour traiter les jaunisses ou les douleurs que peuvent entraîner les métastases osseuses des cancers du pancréas (c’est une radiothérapie ponctuelle, les rayons étant dirigés sur la zone métastasée ; quelques séances suffisent généralement pour soulager la douleur).
Mode d’administration de la radiothérapie
Les séances de radiothérapie ont lieu pendant quatre à six semaines à raison de cinq séances hebdomadaires (avec un fractionnement recommandé de 1,8 à 2 Gy par séance). Chaque séance ne dure pas plus d’un quart d’heure.
Dans le cadre d’un traitement adjuvant, la radiothérapie commence dès la cicatrisation de la plaie, habituellement dans les deux mois qui suivent l’opération.
Effets indésirables liés à la radiothérapie
La radiothérapie est susceptible d’entraîner certains effets indésirables, les plus fréquents étant :
- des douleurs abdominales ;
- une importante fatigue ;
- des brûlures cutanées (semblables à des coups de soleil) ;
- des nausées et des vomissements ;
- des troubles digestifs (diarrhées…).
Des médicaments peuvent être prescrits pour limiter ces réactions qui s’atténueront progressivement à la fin du cycle de traitement.