Le diagnostic du cancer du pancréas doit être établi le plus tôt possible pour maximiser les chances de survie.
Cancer du pancréas : un diagnostic difficile à réaliser
Le diagnostic de cancer du pancréas est difficile à réaliser. Cela s’explique tout d’abord par le fait qu’il est extrêmement compliqué de le dépister. En effet, le pancréas est un organe profond, placé derrière l’estomac, et qui est richement irrigué.
C’est cette localisation qui fait que les symptômes de cancer du pancréas n’apparaissent que tardivement. De plus, un grand nombre d’entre eux ne sont pas suffisamment significatifs pour qu’on puisse d’emblée évoquer la présence d’un cancer. On retrouve par exemple une perte de poids chez un patient sur deux, mais les causes peuvent être nombreuses.
Ainsi, seuls 20 % des patients sont diagnostiqués à un stade auquel la tumeur peut encore être opérée.
Diagnostic du cancer du pancréas : examens spécifiques
En fonction du motif de consultation du patient, le médecin pourra prescrire différents examens spécifiques susceptibles de révéler la présence éventuelle d’un cancer du pancréas et ainsi de pouvoir poser le diagnostic.
Analyses sanguines
Grâce aux analyses de sang (mais aussi des urines et des selles), on peut savoir si le pancréas produit correctement ses enzymes digestives et l’insuline.
De plus, l’analyse sanguine a l’avantage de donner des informations supplémentaires sur le fonctionnement d’autres organes tels que le cœur, les reins et le foie.
Par ailleurs, ces analyses permettent de détecter des marqueurs tumoraux (substances observées dans le sang qui peuvent signifier la présence du cancer du pancréas) :
- l’antigène carbohydrate 19-9 (CA 19-9), une protéine présente à la surface de certaines cellules cancéreuses, est plus élevé que la normale dans environ 75 % des cas de cancer du pancréas ;
- l’antigène carcino-embryonnaire (ACE), une protéine dont le taux est plus élevé que la normale dans la moitié des cas de cancer pancréatique.
En fonction des résultats obtenus, on saura quels autres examens sont à réaliser selon qu’on retrouve un adénocarcinome pancréatique ou une tumeur neuroendocrine par exemple.
Échographie
L’échographie abdominale est parfois un des tout premiers examens effectués en cas de douleur inexpliquée au niveau du ventre.
- Grâce à l’échographie, on pourra déterminer, en cas de tumeur du pancréas avérée, si elle entraîne une dilatation des voies biliaires et du canal pancréatique.
- Cet examen permet également de voir si la circulation sanguine est bloquée au niveau des vaisseaux pancréatiques.
- De plus, l’échographie aide à repérer d’éventuelles métastases hépatiques (au niveau du foie) et à distinguer certains types de tumeurs les uns des autres.
- Néanmoins, l’examen échographique du pancréas est difficile et il n’est complet que 2 fois sur 3.
Endoscopie et écho-endoscopie
Cet examen se réalise sous anesthésie locale. Il consiste à introduire un endoscope (tuyau souple muni d’une caméra) dans l’estomac et le duodénum.
Combiné à l’échographie, il permet de détecter de petites tumeurs ou des kystes. Grâce à l’écho-endoscopie on peut également savoir si des ganglions lymphatiques sont atteints.
Enfin, cet examen permet d’effectuer des prélèvements (biopsies) qui seront étudiés pour déterminer leur dangerosité. Cette méthode est plus sûre qu’une biopsie transcutanée (à travers la peau) qui risquerait de disséminer des cellules cancéreuses.
Scanner TEP et TDM
Le scanner (ou tomodensitométrie, TDM) centré sur le pancréas permet d’obtenir une image précise, en trois dimensions, des tissus cancéreux et de leur dissémination dans l’organisme.
La TDM est l’examen d’imagerie le plus utilisé puisqu’il permet de :
- trouver une tumeur ;
- évaluer sa taille ;
- savoir si le cancer s’est propagé aux organes et tissus proches.
Grâce au scanner, on peut déterminer le stade du cancer du pancréas. Il s’agit donc d’un examen clé pour le diagnostic d’inflammation ou de tumeur du pancréas. À lui seul le scanner permet souvent de prédire si une tumeur peut être enlevée par chirurgie ou non.
Combiner la tomographie par émission de positrons (TEP) à la tomodensimétrie (TDM ou scanner), permet de détecter les tumeurs et de rechercher des foyers tumoraux dans l’ensemble de l’organisme. On peut ainsi déceler des métastases dans d’autres organes, notamment dans le foie et les poumons qui sont les organes les plus souvent touchés en cas de cancer du pancréas.
Cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE)
Cet examen est effectué sous anesthésie générale. Il permet d’examiner avec précision les canaux biliaires et pancréatiques.
IRM
L’imagerie par résonnance magnétique (IRM) donne à voir les canaux du pancréas et de la vésicule biliaire les plus fins, ainsi que l’ensemble des vaisseaux sanguins situés dans la partie supérieure de l’abdomen.
L’IRM permet de trouver une tumeur si elle existe et de savoir si le cancer s’est disséminé à d’autres organes. L’intérêt de cet examen, à la différence du scanner, est de ne pas utiliser de rayons X.
Poser le diagnostic
L’écho-endoscopie (associée à une biopsie) et l’IRM sont les outils actuellement les plus performants pour dépister les lésions précancéreuses telles que les TIPMP (tumeurs intrapapillaires et mucineuses du pancréas, voire certaines PanIN, les états précancéreux du pancréas les plus fréquents). Le scanner et la CPRE, eux, ne sont pas indiqués dans les prédispositions héréditaires.
Néanmoins, ce n’est qu’après une série de plusieurs examens que le diagnostic de cancer du pancréas peut être posé.
La confirmation du cancer se fait exclusivement en se basant sur l’étude histologique de la biopsie (étude du tissu tumoral au microscope). En effet, tant que cette étude n’a pas été réalisée, on ne sait pas s’il s’agit d’une tumeur ou d’une pancréatite, ces deux pathologies pouvant se ressembler fortement.